©Marc Fournel

Marc Fournel

Vortex

Du 11 novembre au 12 décembre 1999

«Mes questionnements artistiques portent sur les gestes humains considérés dans leur cadre spatial et temporel. Ma première installation vidéo, L'acquis et sa meurtrière (1997) questionnait la perception que nous avons du corps en le présentant dans un enchaînement de mouvements qui formait une chorégraphie effectuée en espace restreint.

Avec Mapping (1997), je mettais en rapport la topographie du corps humain et la géomorphologie terrestre en créant, par un jeu de projection vidéo, un champ spatial où leur rencontre était aléatoire. Dans l'installation Vortex (1998) je m'intéressais au mouvement de l'air et de l'eau. Cette installation exclut toutes représentations humaines. Le visiteur, par le vécu de certaines expériences sensorielles, est utilisé comme élément de l'installation.

J'accorde une grande importance aux composantes physiques dans mes installations. J'aime la relation que celles-ci entretiennent avec la composante vidéo. Le palpable rencontre l'insaisissable et permet de le capter. Mais la matérialité de l'image vidéo est un piège parce que, à son contact, le matériel devient fluide. La rencontre de ces deux composantes résulte en leur altération. Encore un effort et cette altération devient, nécessairement, une déviance de la perception. Cette altération ou cette perception déviée, ouvre la porte par laquelle le poétique entre dans l'oeuvre.»

«En réinvestissant la forme et la définition du vortex avec les qualités physiques de la sculpture et les propriétés électroniques du médium vidéo, Marc Fournel démontre l'attraction que les éléments artificiels et naturels provoquent inévitablement sur le regardeur. C'est lui, le centre du vortex, ce tourbillon de courant généré par un champ magnétique. La réflexion de Marc Fournel porte sur l'appréhension et les influences d'un lieu multisensoriel sur le regardeur. De fait, Vortex repositionne à différents niveaux -conceptuel, corporel, esthétique- la place qu'il occupe au sein de l'installation. Vortex implique dès lors, de notre part, de se laisser subjuguer par cette machine miroitante qui nous renvoie une image duelle du monde. En confirmant sa puissance spéculaire, l'image vidéographique devient un axe de médiation entre le voir, le percevoir et le sentir. Ce que propose l'artiste est de nous investir dans cette dialectique baroque à travers une inversion formelle et sensorielle des lieux et des sculptures qui la constituent».(1)

Notes
(1)
. Extrait du texte de Marie-Michèle Cron diffusé par Axe Néo-7 dans le catalogue Prémices 1997-1998


Notes biographiques

MARC FOURNEL oriente depuis 1995 ses activités dans le domaine vidéographique. Sa pratique inclut la production et la réalisation de vidéo ainsi que d'installations vidéo et audio interactives. En 1998, il amorce une première incursion dans le monde du théâtre à titre de concepteur et de consultant multimédia auprès du théâtre français du Centre national des arts à Ottawa. Il assure présentement la coordination des programmes de création et de diffusion du Centre de production photo/vidéo/multimédia DAÏMÕN. Son travail a fait l'objet d'une diffusion nationale et internationale. Il vit et travaille à Hull.