La rentrée
automnale de 1996 à Séquence a été marqué,
par la présentation
de l'exposition Terre commune/Common
ground, mission d'échanges
artistiques et culturelles Québec/Ontario
avec la Grimsby Public Art Gallery.
De retour au Saguenay,
après la réalisation de la
dernière étape de leur projet
d'échanges, les artistes saguenéens
présentent, conjointement avec les
artistes ontariens, l'exposition bilan de
leur mission de création. L'exposition
a un caractère documentaire puisque,
nous y voyons des traces photographiques
de l'ensemble des oeuvres des intervenants,
qui plus est, chaque artiste y fait l'installation
d'artefact ayant servi à la création
des oeuvres. Le projet culminera au cours
de l'automne 1996 par l'édition d'un
cédérom qui documentera l'ensemble
des interventions artistiques. Des auteurs
complèteront cette livraison multimédia
par des textes réflectifs sur le
corpus des oeuvres réalisées
dans ce projet d'échanges.
Le projet a reçu,
en 1994, l'appui du programme d'échanges
culturels Québec/Ontario, en 1995,
celui du Conseil des arts et des lettres
du Québec dans son programme promotion
et diffusion, en 1996, celui du Conseil
des Arts du Canada dans ses programmes aide
aux expositions et l'office des tournées.
Cette mission a été réalisée
conjointement avec la Grimsby Public Art
Gallery.
Lors de l'ouverture
de l'exposition, les artistes saguenéens
procèderont au lancement de leur
publication Cuesta 0. Par la même
occasion, Séquence fera le lancement
de ses dernières publications : Oeuvres
sur papier photosensible de Francine
Desmeules et Arbre Sacrée
de Sonia Robertson.
Lieu de rencontre
d'artistes québécois et ontariens,
Cuesta est né en 1994. Le projet
consiste en une série d'interventions
artistiques qui s'étendent sur un
calendrier de deux ans et qui ont lieu à
Alma au Québec et à Grimsby
en Ontario. La publication du livre Cuesta
0 est la première d'une série
de manifestations des artistes québécois
Guy Blackburn, Claudine Cotton, Ronald Thibert
et Yves Tremblay.
Cuesta
0 ou l'impression d'un site
Les
artistes Guy Blackburn, Claudine Cotton,
Ronald Thibert et Yves Tremblay vivent au
Saguenay. Ils ont choisi, à l'occasion
de leur première manifestation dans
Cuesta, d'intervenir sur un territoire dont
la seule limite demeure l'imaginaire. Le
livre devient, tant pour l'oeuvre que pour
l'artiste, site affranchi de contraintes
physiques, sociologiques et économiques.
Ainsi, les oeuvres publiées dans
Cuesta 0 ont pu glisser de la table
à dessin à l'impression sans
subir les altérations que supposent
leur réalisation, leur exécution
ou leur diffusion. L'impression devient
ici environnement spécifique où
l'oeuvre se révèle dans toute
son intégrité, dans toute
son intégralité. À
l'abri des agents extérieurs qui
pourraient travestir son identité,
l'oeuvre peut entrer en osmose parfaite
avec le concept dont elle est issue. Pour
atteindre cette plénitude, l'oeuvre
doit donc demeurer dans les limites du champ
conceptuel. Elle est projet, idée,
utopie, mais elle est aussi, paradoxalement,
production virtuelle. Elle porte en elle
ses conditions de réalisation, ses
limites, ses choix, ses stratégies
d'exécution. C'est en elle que se
retrouvent les éléments référentiels,
sorte de carte génétique du
travail à venir. En fait, elle est
partie intégrante du processus de
création. Sortie de son territoire,
elle n'est ni tout à fait la même,
ni tout à fait autre. Ainsi présentée,
l'oeuvre doit être à la fois
regardée pour ce qu'elle est et pour
ce qu'elle deviendra. C'est ce double regard
qui sert de fondement à Cuesta
0.
Après
avoir habité un site imprimé
pendant onze mois, les oeuvres de Cuesta
0 ne sont plus les mêmes depuis
juillet 1995. Leurs empreintes et leurs
odeurs ont rejoint un autre territoire de
réalisation à Grimsby. Elles
ont glissé de l'impression au site
de réalisation in situ. Ainsi, les
oeuvres de Cuesta 0 sont devenues
les oeuvres de Cuesta 1, ni tout
à fait les mêmes, ni tout à
fait autres...
Sylvie
Harvey
«Surfer»
par dessus les barrages
Texte
de Guy Sioui Durand sur Terre commune-Common
Ground
Niagara
en Sagamie
Les chutes
Niagara concentrent de manière magnifique
un débit d'eau furieux et puissant.
Le passage des eaux du grand lac Érié
dans le grand lac Ontario y gruge petit
à petit la dénivellation.
Site d'attraction mondial, ces torrents
sont, malgré l'érosion naturelle,
certainement plus menaçés
par l'industrie de consommation de masse
qu'ils ne menaçent.
Au Saguenay par contre, les nombreux cours
d'eau ont été, avec l'avènement
de l'industrialisation-urbanisation autour
de l'exploitation de la pulpe puis de l'électricité,
progressivement harnachés et domestiqués
dès le début du siècle :
détournements de cours d'eau, barrages,
lac artificiel, surveillance à distance
depuis la capitale bureaucratique, etc...
Là non plus, les courants d'eau ne
devaient pas menacer.
De connivence avec le centre d'artistes
Séquence, le collectif ponctuel d'artistes
Cuesta, formé par Claudine Cotton,
Yves Tremblay, Ronald Thibert, Guy Blackburn
et Steven Ferlatte, avait mis la dernière
main le jeudi 18 juillet au livre Cuesta
0 et à leurs préparatifs
de déploiement artistique pour Grimsby,
cette petite ville sise dans la péninsule
de Niagara, juste avant les chutes et après
Toronto. Or le système dépressionnaire
excessif des 19 et 20 juillet qui aura déferlé
en pluies diluviennes provoquant des débordements
de rivières et de barrages, va quelque
peu modifier la conjoncture. On a abondamment
relaté ces décès, ces
quartiers inondés, ces ponts emportés,
ces villages détruits, ces routes
fracturées et ces dommages incalculables.
On comprend que, quand ils sont arrivés
les 22-23 juillet là-bas, les artistes
hôtes de la galerie d'art, Mary Rashleigh,
Gale Young, Reinhard Reitzenstein et Élizabeth
Chitty eurent l'impression d'accueillir
des naufragés!
C'est dans ce contexte que les manifestations,
d'abord Cuesta démarré en
1994 puis métamorphosé en
Common Ground-Terre Commune
en 1996, de par leur durée, leurs
séquences estivales et leurs stratégies
artistiques, questionnent autrement l'impact
et le sens des pratiques culturelles en
cours. Il réhabilite aussi l'arrimage
de l'art à des enjeux de communications
et de rôles socio-artistiques différents
dans un climat unique de l'art qui se fait
et se vit. De solidarité aussi.
En septembre, la vague artistique de la
péninsule Niagara fait ressac chez
Sequence. L'exposition Common Ground-Terre
Commune et le lancement des livres
Cuesta 0 et du petit «livre
vert» culmine le 27 septembre. Ce
texte s'y greffe, pour voguer ensuite sur
Internet. Mais retour en Ontario.
Sur la route fruitière et vinicole
de la péninsule Niagara
Aujourd'hui, 24 août, le lac Ontario
est d'huile. Seuls les goélands sonorisent
ce calme exemplaire près de Stoney
Creek. Ces mers intérieures, sources
du grand fleuve Saint-Laurent, ont pour
noms Ontario, Huron, Érié,
Michigan, Supérieur. Des grands lacs
époustouflants. Ils séparent
les Américains des Canadiens, relient
l'Ontario et le Québec. Autrefois,
c'était la Huronnie et le pays des
Neutres, des Iroquoiens.
La vie s'écoule.
Les artistes s'activent à la galerie
d'art de Grimsby mais aussi dans les parc
publics (Centennial Park, Beamer Memorial,
Murray Park). Qu'est-ce qui s'y passe de
bizarre, au point de reléguer en
second plan la culture de masse l'attraction
des grandes chutes, les cultures vinicoles
et la quiétude périphérique
du «town»?
Il n'y a d'art qu'actuel, même
scrutant les Mémoires
À Grimsby, il y aura créations
en galerie, mais aussi un site dans le village;
jumelage de la culture du temps et de la
culture de l'espace. L'événement
Common Ground-Terre Commune,
l'épisode ontarien, sera plus précisément
à la jonction en oeuvres de l'intime
et du communautaire. Ces évocations
de mémoires oscilleront entre le
Moi privé et le Nous communautaire
tout en «marquant» symboliquement
le territoire.
On aura soudain affaire à l'écoute
et au prélèvement de rythmes
et de sons qui prendront à contre-courant
le débit bruyant du trafic automobile
(Gale Young et Reinhard Reitzenstein). Le
célèbre sentier pédestre
sera soudain détourné par
une nouvelle signalétique (Yves Tremblay).
Un trajet/performance à la brunante
dans la nature s'y greffera (Élizabeth
Chitty). Quotidiennement, dans le parc central,
des souvenirs privés tatoueront le
sol (Guy Blackburn), un chêne vivant
sera sculpté comme une blessure picturale
(Ronald Thibert). Dans une grande serre
de fleurs, cent chrisanthèmes effeuillés
et photographiés transforment l'endroit
en zone d'émotions (Martin Dufrasne). Finalement,
une seule hostie larguée par avion
au dessus de Grimsby libèrera symboliquement
de l'espoir pour les 19000 habitants de
Grimsby.
Intriguant?
Claudine
Cotton
Sound Ecology
«Listen to
the way the tubes alter the already-audible
sounds. What's the difference between what
you hear witht the tubes and without them? Is it louder through the tubes? The tubes
don't actually amplify the sounds. it might
seem louder because the tubes bring your
ears closer to the sound sources. This installation
calls attention to the sounds of surrounding
environment. Since you have to stop and
place your ears against the sound tubes
it will allow you to pause, listen and notice».(1)
Les tuyaux sonores (Gale Young et Reinhard Reitzenstein)
De grandes photographies des tuyaux sonores
mis en place lors de la phase 1 de Cuesta au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 1994 et un
texte racontant le dispositif rappellent
le pourquoi environnemental et sonore du
projet. Si les images ravivent ce coin de
pays englouti alors, elles indiquent aussi
la récidive des écoutes in
situ ici à Grimsby.
Queen Elizabeth Highway relativised
Gale Young et Reinhard Reitzenstein récidivent
chez eux en deux sites : d'abord sur un pont
enjambant un ruisseau dans l'escarpement
qui descend du Lookout au Gibson St- Bridge,
mais aussi sur un viaduc où passe
en-dessous la Queen Elizabeth Highway (QEW)
coupant la ville en deux. Des tuyaux de
PVC, matériaux de plomberie sont
disposés par paires. Ils forment
des écouteurs qui rapprochent des
sources de sons. Ce sont aussi des dispositifs
pour prélever les sons selon des
mesures de distances harmonisées
sur la gamme des notes.
Sons contre bruits. Voilà deux
réalités sonores, deux antipodes
de la technonature dans laquelle vivent
les gens de Grimsby. Cette écoute
via des tuyaux sonores ressemble à
une sorte de casque d'écoute réglé
pour mieux entendre mais aussi pour prélever
les sonorités.
L'unicité des sites, leur éphémérité
extérieure, les nombreux endroits
où il y a prélèvement
s'inscrivent dans l'exploration actuelle
par de nouveaux artistes de ce que l'on
appelle l'écologie sonore.
Les exemples ne manquent pas. L'installation
sonore, électrique et spatiale Canal
de Trois (Jean-Pierre Gauthier, Yves
Gendreau et Michel Sévigny) en mai-juin
à l'Oeil de Poisson de Québec,
l'environnement sonore réalisé
à partir de prélèvements
via des microphones sans fil par Michel
Sévigny sous le pont de Notre-Dame-des-Pins
lors de l'événement Entre
«Pont» neurs en Beauce au
mois d'août, mais surtout le récent
colloque La Parallaxe organisé par
Avatar et Obscure en septembre au complexe
Méduse de Québec permettent
dans cette veine, de saisir comment l'exploration
actuelle de l'art multimédia accorde
une large place aux effets audios. Lors
de La Parallaxe, le concert de musique de
synthèse (Biomuse) en temps réel
d'Atau Tanaka et ses comparses simultanément
dans la salle multi de Méduse à
Québec, dans le boisé à
St-Raymond-de-Portneuf et sur un pont à
Rotterdam et l'environnement sculptural
et sonore Ligne de site 3 des James Partaik,
Michel Saint-Onge et Luc Lévesque
d'Avatar à la Chambre Blanche et
transmis sur réseaux s'alignaient
sur elle, un vaste projet international Rivers
and Bridges.
Ces oeuvres participent du même engouement
que l'oeuvre in situ de Young et Reitzenstein
énoncent pour Common ground/Terre
commune. Ces derniers prévoient
d'ailleurs, comme l'esquissait un dessin
dans la galerie, installer éventuellement
leurs Tuyaux sonores sur le
Rainbow Bridge qui relie le Canada et les États-Unis devant la chute Niagara.
Fait intéressant, Les Tuyaux
sonores proposaient d'entendre cette
fois, au Sud de l'Ontario, la Terre-Mère,
à l'inverse du projet de l'artiste
Anishnabaë Rebecca Belmore de Thunder
Bay créé au Nord de la contrée
en 1991-1992. Ayum-ee-aawach Oomama-mowan :
Speaking to their Mother proposait alors
de parler à la Terre-Mère
via un immense mégaphone tourné vers la Plaine!
Le transfert prévu en oeuvres sonores
sur cédérom devrait faire
basculer la préoccupation écologique
dans l'espace médiatique. Donc de
communication élargie.
White vinyl siding of path (Yves Tremblay)
"Yves Tremblay's
outdoor installation entitled «Le
Blanc» is a continuation of his indoor
installation which is now being exhibited
in the gallery. Yves once again makes use
of same materials. The boats you see before
you were constructed with vynil siding.
What is siding usually used for? In the
piece the artist is concerned with «transbordement»
which in English translates to the acts
of transferring, shifting or moving. Notice
how the ties are used. They create the necessary
tension which holds the boat together. A
tie might be associated with the business
word. This idea relates to the aspect of
the theme of transbordement when you think
of a shifting economy. The word "carriere"
in french means a stone quarry. This is
where Yves has chosen to place his installation.
But the world can also refer to a course
or path".(2)
"The artist' beloved semiotic games interchange the studio and the littoral, the personal and collective territories, there by altering the conventional meaning of things and their uses, linking the artistic and economic worlds".(3)
«Le Blanc»
L'artiste a construit une forme en déclin
de vinyle qui évoque une embarcation.
Des cravates multicolores enroulent le cable
d'acier qui courbe par tension les parois
et donne l'aspect de la chaloupe. Allusion
aux inondations en cours au Saguenay, en
Haute-Mauricie et sur la Côte-Nord?
Les cravates sortent de l'embarcation comme
pour s'ancrer dans un récipient rempli
de «tee» pour le golf. Il s'agit du rappel mnésique
de l'intervention qu'il avait faite l'an
dernier sur ces escarpements convoités
par des promoteurs de terrains de golf comme
unité de mesure de la mémoire
de l'art en actes. Aux côtés,
des rames, aussi en déclin de vynile
s'entrecroisent. Impossibilité d'usage.
Un quotidien qu'Yves
Tremblay aborde de façon complexe,
tout près de la consommation d'une
similiculture qu'il énonce. Il
navigue symboliquement sur, avant de tout
basculer à l'extérieur dans
un site où les arcs, les formes et
la subversion des signaux en place, transforment
à nouveau l'esprit de la couleur.
C'est pourquoi, les indices disposés
en salle annonçaient le déploiement
«Blanc» à l'extérieur.
The Quarry at The Beamer Memorial Conservation
Area
Yves Tremblay prend possession de la «Quarry»
(une ancienne carrière désaffectée)
sur le haut des escarpements de Grimsby,
le «lookout» comme les résidents
appellent ce point de vue élevé.
La «Quarry» a été
absorbée dans le parc faunique de
conservation, le Beamer Memorial qui est
traversé par la célèbre
«Bruce Trail», un parcours pédestre
qui traverse du Nord au Sud la Nord-Amérique.
Le micro-climat de la péninsule du
Niagara est propice aux vignes, fruits et
à une flore qui a su attirer les
papillons monarques mais aussi les aigles
et vautours qui y séjournent. Dire
qu'il y trente ans, c'était une ancienne
carrière de sable et de pierre!
L'artiste y réhabilite l'étendue
fluide d'un imaginaire en y éparpillant
ses formes blanches de déclin de
vinylle en tension. Arcs et embarcations
façonnent une signalétique
différente de celles indiquant le
parcours organisé, tracé,
ordonné dans la nature qu'est la
«Bruce Trail». Tremblay compose
avec un certain désordre déjà
présent sur le site. Bouteiles de
bière brisées, traces de feux
de camps, etc. Ces perversions (changements
de sens), il va les amplifier jusqu'à embrouiller les signaux (blancs aussi) balisant
le sentier officiel. Circuler autrement.
Alors que la «Bruce Trail» se
repère à partir de petites
indications blanches sur les arbres, Tremblay
introduit donc de nouveaux indices pour
dévier. Le trajet, le site et le
rapport à l'art se transvasent ici
en un blanchiment (dérive des usages)
qui va servir d'encadrement complice à
ces nouvelles taches blanches en mouvance,
le soir venu -les danseuses oeuvrant dans
la performance d'Élizabeth Chitty
qui seront toutes de blanc vêtues-.
Bien qu'il utilise ici des matériaux
de revêtement ou de loisirs sportifs,
Yves Tremblay énonce en surface des
indices d'idées inquiètes
de la part d'un artiste qui ressent les
mutations, les transbordements, les camouflages
d'un monde qui souvent désenchante.
C'est là un vecteur de ses nombreuses
installations depuis quelques années.
Il traque les risques invisibles de l'impact
de ces mutations mais aussi leurs pressions
sur les fonctions essentielles de l'art
en société. Ce n'est pas pour
qu'il y avait une tache énigmatique
sur l'ancre, presqu'imperceptible. Des tensions
non-visibles?
"Such is the
name ("spores") given by the
artist to the substance drawn out from a
newspaper, as a vicious, warm and filthy
glue which would have sucked up the ink
of its listings of securities and mutual
funds quotations".(4)
Nature of the
Body (Élizabeth Chitty)
"Take a closer
look. How has the artist presented the five
senses? Can you recognize other images
which refer to the human body? In fact
the image being projected into the bowls
of water is an anatomical drawing of the
brain. The artist Elizabeth Chitty uses
light and shadow as key elements in this
piece. Both of these are changeable and
impermanent. Take a walk around this place
and create your own shadows. Look into the
bowls of water and see how your own image
is reflected. Elizabeth Chitty (performed)
on the mountain at the Beamer Lookout Point.
She (used) projected images, choreographied
movement and other site specific media as
a continuation of the installation's themes".(5)
"In Homer, thinking is described as speaking and is conceived as situated either in the earth but usually in the diaphragm. The organs of breath, the Lungs, are the organs of mind... The ancient Egyptian word for "heart", it, meant "dancer". The Buddhist conception of the sense organs are: eyes, nose, tongue, body and mind. The Tibetan word for mind and heart is the same".(6)
La Nature du corps
(Élizabeth Chitty)
Élizabeth Chitty, sa fille Nell et
deux danseuses, Heidi Strauss et Barbara
Baltus, ont créé un processus
créateur très lié.
D'abord une installation dans la galerie.
Sur un mur, des photographies montrent les
sens (la vue, l'ouie, l'odorat, le goûter
et le toucher), au sol une forme évoque
les cellules du cerveau par un agencement
quasi octogonal de bols en métal.
Sur le mur opposé un projecteur permet
des jeux d'ombres pour le regardeur qui
est invité à circuler dans
l'espace de ce coeur-poumon. Élizabeth
Chitty propose ainsi un «feeling»,
une mise en oeuvre d'abord pour l'individu
sensible, intime, à proximité.
Les cinq sens mais aussi la conscience car
les mouvements d'ombres et de lumières
dans l'installation inscrivent cette lucidité
d'être, de vivre.
Évocation
de l'activité intelligente comme
rapport sensible au monde.
Lookout
Un très beau petit Livre Vert reprenait
ces éléments de réflexion
comme guide distribué pour la performance/danse,
aboutissement d'un trajet. À la «Quarry»
quand nous arrivons, c'est la brunante
tardive. Ce passage que nous effectuons
est parsemé d'étapes.
"Wander as
you please among the 5 image sites. The
route is indicated with golden arrows at
ground level. Each site is marked with a
Sense Flag. The performance lasts as long
as the time it takes to fill the bowls with
water. When you hear a ringing bell, if
you have not already done so, please return
to the bowl field".(7)
Tout le long du sentier
de la «Bruce Trail», on aperçoit
tantôt les photographies de l'installation
en salle (les sens) tantôt des moniteurs
vidéos allumés et d'autres
artefacts évoquant ces moments de
l'activité sensitive et psychique.
On dirait une quête existentielle
initiatique. Tandis qu'Élizabeth
Chitty récluse l'acte performatif
dans une sobre économie rituelle,
les deux danseuses s'activeront énergiquement
parmi les signalétiques du Lookout.
Puis un son de cloche, un feu. La fin.
On y retrouvait l'espace du corps, l'espace
mental, une sorte d'organique de l'imaginaire
et des sentiments.
"Where do Love
and hate Live?
What is the breath of Life?...
Are our hearts so broken»"?(8)
"Memory,
Measure, Inaccuracy" (Guy Blackburn)
"The circular
configuration you see in front of you are
also tatooed on the artists right forearm.
A Tatoo is a permanent way of marking something.
Do you think this is permament? Look at
the sunflower seeds. What will happen to
them over time? Memory is a very important
theme in Guy's work. He says, "I possess
because I remember", Because this
installation work is not permanent the artist,
and you the viewer will have to rely on
memory to maintain its existence. Guy's
piece was inspired by his own childhood
memories that he will never forget...As time
passes, nature will alter Guy's piece. Think
of how things or people in your life change
or go away as time passes. In both cases
they will always exist through memory".(9)
Dirty gloves
Dans la galerie une photographie noir et
blanc agrandie montre la tête rasée
de l'artiste. Elle date de 1983. Un mot,
LUTTES y est gravé. Au sol sont empilés
en un petit amoncellement de gants d'ouvriers,
usés, sales.
Blackburn fait ici appel à des immatériaux
(la mémoire) et à des gestes
d'une économie calculée. Il
y a treize ans, Guy Blackburn posait un
geste d'art corporel d'écriture sur
le corps pour dénoncer des attitudes
technocratisantes. L'artiste agit. Il se
rase la tête et inscrit successivement
LUTTES, SOLIDARITÉS, SENS. Compte
tenu du danger que comporte un tatouage
sur le cuir chevelu, il ne fera tatouer
qu'une petite ligne, aujourd'hui imperceptible.
C'était alors un geste d'art public.
C'est ce fragment de mémoire sociale
que dit le dispositif dans la galerie de
Grimsby. Là s'arrète le lien
intérieur-extérieur de son
action revisitant le Parc du Centenaire
pour une seconde fois.
L'écoulement du temps et les changements
dans sa pratique artistique comme ses engagements
sociaux ayant bien sûr changés,
il y aura progressivement glissement de
sens. Ailleurs, j'ai parlé du politique
au poétique. On peut retraduire du
public au privé.
À l'extérieur, de manière
paradoxale, il posera des actions aux références
privées. Guy Blackburn est effectivement
revenu réaliser un projet privé!
De prime abord, ça semble paradoxal
lors d'un événement sur site
extérieur, ouvert aux gens. C'est
qu'il y a plusieurs lectures, plusieurs
angles complexes qui nourrissent son travail.
Centennial's Tatoo
L'an dernier Guy Blackburn, les textes dans
le livre Cuesta 0 en rendent bien
compte, jumelait espace corporel et site
urbain. D'une part il s'était fait
tatouer cinq points sur le bras (ce
qui signifie amour en braille, et mort dans
le milieu carcéral). Il avait reproduit
de manière gigantesque, à
grande échelle dans le parc ces points
avec des graines de tournesol. Les oiseaux
se chargèrent de rendre éphémère
la part environnementale de l'action.
Cet été, l'artiste a fouillé
dans sa mémoire intime. Il a livré
ce qu'il a appelé un secret lors
de la table-ronde au début du projet:
la mémoire d'une cicatrice à
la jambe de sa mère. Tourment privé.
Cette fois, il refera sur une dalle abandonnée
de ciment au centre du même parc,
un transfert de cicatrice (les cinq points).
Une trace permanente. Le dernier jour cependant,
il recouvcrira entièrement d'un grand
cercle de graines de tournesol. Mais l'important
réside dans une transaction. Au cours
des quatre prochaines années (jusqu'en
l'an 2000), une dame de Grimsby, aussi marquée
par une cicatrice personnelle viendra chaque
été refaire le cercle de graines!
Guy Blackburn refera sur une dalle abandonnée
de ciment au centre du parc du Centenaire,
ce transfert de cicatrice (les cinq points
qu'il a de tatoués sur le bras) qu'il
avait expérimenté à
plus grande échelle l'an dernier.
Une trace permanente cette fois. Le dernier
jour, il recouvrira entièrement les
cinq points permanents d'un grand cercle
de graines de tournesol.
Rond noir sur carré pâle? C'est
tout au premier regard. En fait, ce n'est
que surfaces auxquelles il ne faut justement
pas se fixer.
"Five black
dots, tatooed on the right forearm of the
artist. They correspond to the word "love"
in the Braille system. They also remind
one of the cigarette burns used in the underworld
on those whose days are numbered. Their
meaning remains indecipherable even to the
initiates, since these are neither dots
nor scars. Of the Cryptogram, Guy Blackburn
has kept the symbols and the positioning
order. he has modified the ritual tools
for the imprinting of the chosen codes :
nonpunch, no flame, but needles and ink
instead. The message, thus modified in its
essence, is intended for other recipients,
while at the same time being permanently
inscribed on the sender".(10)
Ce faisant, Blackburn
revisite des pratiques antérieures,
se rappelle son enfance, faisant resurgir
des secrets et des traces physiques pour
les transférer à la surface,
aux surfaces devrais-je dire. Nous sommes
ici à la jonction de l'invisible
(le secret, son partage privé, l'intention
artistique profonde) et des cicatrices de
la mémoire, donc du temps qui s'écoule,
et du visible (les traces, les formes, les
lieux, la matière, les échanges
humains, les langages codés). À
ces marquages du corps et du sol s'ajoutera
la présence de l'Autre.
Complexe?
Disons que sur le plan de l'art actuel,
les propositions de cet artiste poursuivent
cette piste de sculpture sociale dégagée
par Joseph Beuys et qui remet en question
l'entier édifice intellectuel et
productiviste des nouvelles catégories
et genres comme acte complet d'art sans
pour autant s'enfermer dans le concept,
l'objet, le lieu.
Ces tatouages physiques et environnementaux
sont loin d'être neutres parce qu'à
la jonction de l'espace (le corps, le parc,
la galerie) et du temps (la mémoire
et l'avenir), ce travail de Guy Blackburn
déborde les catégorisations
habituelles de l'installation, de l'in situ
et de l'oeuvre en progression. Ce qui n'empêchera
pas un artiste du bronze de Grimsby de mouler
le bras tatoué! À voir à
Chicoutimi.
«Arbor»
(Ronald Thibert)
"On this oak
tree before you, Ronald has taken the image
of the arm from a painting by Theodore Gericault
called The Raft of the Medusa. in
this piece Ronald refers to the idea or
theme of "Christ's descent from the
cross". Another interresting connection
lies in the fact that native people had
a tradition of carving masks into trees
ans allowing them to change over time. Think
of how this might relate the fact that this
tree is located near a native burial ground.
The arm illustrates a sense of vulnerability
by being carved into the tree. This carving
creates a scar in the trunk of the tree
which will heal itself over time".(11)
Tree's arms Rafting
Ces têtes et bras sortant de divers
troncs d'arbres, présents en galerie,
surgissent d'une histoire de la peinture
revisitée en sculptures sur bois
par Ronald Thibert. Créativité citationnelle toute postmoderne?
Au début des années 1980,
Ronald Thibert enfouit l'érotisation
de ses sculptures environnementales dans
la terre et l'eau. Il tord de manière
sinueuse en plis et replis l'acier au sol.
Et quand il lui arrive d'exhiber publiquement,
monumentalement, alors c'est le tollé,
le scandale. À Péribonka (1986),
on exige qu'il recouvre Femme-Terre, qu'il
camoufle l'art-émotion, les métaphores
à fleur de peau qu'il érige.
Ce tracé, cette obsession d'un rapport
charnel à la matière, à
la nature, au site et à la sculpture,
ces cisèlements après tout,
viennent d'un passé pictural (oindre,
caresser, faire vivre la lumière
plutôt que marteler, ciseler, incruster)
avec lequel l'artiste, a entrepris dans
les années 1990 d'ajuster les pendules.
D'où ce cycle du surgissement, de
l'extirpation, comme des éventrements,
des béances et des ouvertures qui,
une fois livrées en fragments de
mémoires, puisent aux archétypes
d'une histore de tableaux.
The Oak at the Centennial Park
Qu'est-ce que Thibert fait donc surgir dans
dans le chêne du Parc du Centenaire? Un visage tuméfié se rabat
vers le bras inerte composant un personnage
sorti tout droit de la célèbre
toile Le radeau de la Méduse de Géricault.
Ces naufragés des flots, comme bien
des gens de l'Anse-Saint-Jean, La Baie,
Boileau, Ferland, Chicoutimi et Jonquière
se retrouvent soudain incrustés comme
une blessure vive dans cet arbre en santé.
Ce cycle de sculptures des madriers d'essences
diverses, des buches et troncs d'arbres
qu'il a entrepris au Saguenay (et que l'on
voyait en salle), le sculpteur va à
Grimsby le faire basculer, comme s'il s'agissait
de boutures d'art sur la nature vivante,
dans la sculpture en direct. L'an dernier,
il avait déjà sculpté
un arbre dans la cour de Gale Young et Reinhard
Reitzenstein. Cette année il récidive
dans ce magnifique chêne du Parc du
Centenaire à l'endroit même
où les fouilles archéologiques
ont eu lieu, révélant un cimetière
sacré de cette Nation iroquoienne
disparue, que Champlain avait surnommé
les Neutres.
"As in his
sculptures buried in the sands of Chicoutimi
(1980), Thibert's work at Grimsby questions
the meaning of artistic production in a
world undermined by a consumerism and performance
mystique which is played out to the detriment
of life itself".(12)
Ronald Thibert ne
fait-il pas fait surgir une énigme
qui le hante depuis longtemps: un espace
pictural qui surgit et s'hybride comme sculpture,
qui se greffe à l'arbre, à
la place publique? Un art sacré
dérivant du radeau de la Méduse
et des pitounes, des cours d'eau du Saguenay
devenu en cet été torrentiel! Heureusement, le seul liquide qui va déferler
sera la sève du chêne qu'il
sculptera. Comme l'arbre, ces ouvertures
de tensions entre le pictural et le sculptural
se cicatriseront d'eux-mêmes.
Comme autrefois les Iroquoiens sculptaient
des masques dans les arbres et dans l'esprit
d'un Reinhard Reitzenstein, que l'on surnomme
«l'homme des arbres», parce
qu'il s'applique depuis des années
à redonner une envergure sculpturale
mythique aux arbres déchus, Ronald
Thibert a certes livré la sculpture
en direct la plus populaire de Common
ground/Terre commune.
Au fond, Ronald Thibert est un tendre!
"These objects
in the Mirror Are closer than they appear"
(Martin Dufrasne)
"In Martin's
installation, he is using nature as a tool
to construct. In continuation of his outdoor
installation from last summer; Could
Regrets bear Fruit?, he is once again
interested in the effects of the passage
of time on nature. Another important theme
in Martin's piece is the obsession with
self and the value on beauty and youth in
our society. These chrysantheme flowers
serve to illustrate society's emphasis on
beauty, for a flower is most valued and
admired in its blooming stages. The artist
also relates his piece to the incapacity
and difficulty in finding a mate. Sometimes
we look for someone that has all the same
qualities as ourselves...Why is it hard
for us to accept and admire differences
in others? Look at the metal stakes. Some
have mirrors attached. The mirrors represent
the element of vanity. What is the difference
between the flower you see and the one reflected
in the mirror?"(13)
"Could Regrets
Bear Fruit?"
Dans la galerie, un boîtier rappelant une
petite pharmacie faisait voir les cerises
en processus de pourriture mises dans des
petites bouteilles. Ces fruits avaient été
cueillis l'an dernier chez un producteur.
Dans les arbres Dufrasne avait laissé
à la place une réflexion écrite,
spatialisant en celà la pensée,
le lien entre ce qui pousse (le fruit) et
ce qui disparait (la mort d'être que
l'on chérit).
Cet été, retour à la
serre et non plus retour à la terre.
Une lettre change le sens. Un an après
les cerise-échanges avec un producteur
fruitier dans cette région-jardin
de l'Ontario, se retrouve cette fois à
oeuvrer au beau milieu d'une serre de fleurs
cultivées!
Flower's mirror in the Greenhouse
L'immense surface de la serre (plus grande
qu'un gymnase) où s'alignent de grandes
rangées quadrillant l'espace est
une architecture conçue pour faire
entrer la lumière (des murs transparents
en plastiques et en vitres). Il y a un système
de contrôle de la température.
Partout, des plantes et des fleurs. Presqu'au
milieu se trouve l'îlot d'art, à
peine perceptible s'il n'y avait pas eu
une affiche blanche indiquant où
Martin Dufrasne a oeuvré avec une centaine
de fleurs. Ce sont des chrysanthèmes.
Il y dialoguera avec ces fleurs, fabriquant
en un patient labeur une centaine de tuteur/miroir
pour elles. Il cultive alors le sentiment
amoureux et entendait bien donner à voir autrement ses multiples images.
Pour ce faire, il a fabriqué et installé
des tiges de broche contenant un petit miroir
dans lequel se reflète l'image photographique
de la fleur qu'il a effeuillée. Les
fleurs vivent. Elles ont un ryhtme d'éclosion
avec lequel l'artiste a dû s'ajuster
pour en faire l'essence, le parfum, les
couleurs de son projet de dialogue, de discours
amoureux Humain/Végétaux.
Les fleurs en serre se cultivent. L'artiste
a dû, comme il l'avait fait l'an dernier
avec un producteur de fruits, présenter,
convaincre et moduler son projet d'art au
cycle de production commecial, industriel.
Autre zone de transformation des visions
du monde : inverser la valeur d'échange
(le produit) en valeur d'usage (l'art).
Reflet d'objectivation du regard modifié? À l'endos des photos, on lit les
bribes d'une phrase chaque fois modifiée,
presqu'illisible. Devant nous cependant,
des loupes pouvaient servir à rendre
limpide la phrase: I need love. Le sentiment
à fleur d'installation!
Loin d'apaiser, ça questionne l'intime,
le privé et le public.
Comment songer, voir le danger dans les
fleurs? Comment lire le besoin sentimental
dans un univers où la domestication,
la fabrication, le «bouquettissage»,
la mise en pot, en couronne, le séchage,
le dessin, la copie plastifiée ou
en tissu de fleurs couvent et courrent en
serres le nécessaire arrêt
pour y réfléchir?
Un pétale de chrysanthème
effeuillé change-t-il l'être
et le lieu même de l'existence? Cette
question est grave, parce qu'elle interroge
d'abord un sentiment intime, l'amour, mais
simultanément la face «utopisée»,
romancée, «kitshisée»,
prêchée, cinématisée,
floralisée de l'intersubjectivité,
l'âme-soeur, l'idéal, la compagne
ou le compagnon, sa progéniture,
sa famille, le prochain etc...
Le sentiment amoureux , comme la fleur,
est entouré d'herbes, de mauvaises
herbes (les émotions, les désirs,
les difficultés de communiquer, les
blocages, les peines, les chagrins, les hasards,
les mauvaises conjonctures et, en bout de
piste les atomes non-crochus, l'absence
de chimie avec l'Autre, un amour impossible
parce qu'unidimensionnel). Ou bien il donne
accès à la passion (le coup
de foudre, le coup de coeur, le choc) qui
quelquefois mute en belle aventure, mais
qui souvent se consume, brûle, blesse,
tue.
Même en ne s'occupant que d'une seule
fleur (la rose du Petit Prince de Saint-Exupéry),
l'artiste fait voir, donc transforme, et
l'endroit et ses us, donc la perception
qu'en a le visiteur, tout comme du bâtiment.
Autre débordement de l'installation.
C'est le bouquet!
«Promesse» (Claudine Cotton)
"In the gallery
there were 19,000 communion hosts (one for
each citizen of Grimsby) stacked in 10 cages
made of leaf. Each host has been stamped
with one of five words or phrases. Over
a 10 day period, Claudine has taken apart
the cages (one per day) and changed the
words from a word of distress to none of
promise. Here at the outdoor installation,
the hosts (was supposed) to cover a lead
fishing weight, covered by the words of promise.
However after 3 days of working at Murray
Park unforseen obstacles prevented Claudine
from completing this exact project and the
pearl began to disappear. But the idea of
the pearl still remains in her head and
upon return to Chicoutimi, Claudine will
once again resume her idea. She will cover
the other lead weight with the inscription
"stagnation" with the remaining
hosts. All the hosts but one were used in
the installation. The last one will be symbolically
dropped from airplane over Grimsby."(14)
Words on Hosts
Dix longues cages faites de 4 tiges métalliques
qui vont du plancher jusqu'au plafond forment
un cercle dans l'espace à droite
de l'entrée dans la galerie. L'éclairage
met en relief les quelques 19,000 hosties
qui y sont enfermées, Un boulet est
aussi présent (le mot indifférence
y est gravé). Il y a symboliquement
une hostie pour chacun des habitants du
«town».
Pendant 10 jours, l'artiste va intervenir
minimalement sur chacune des cages et hosties
en modifiant des mots qui y sont imprimés (island-land,
borne-born, man-manne, vide-avide, I care-care).
En éventrant les tiges, et en manipulant
tous les jours ces icônes, l'artiste
entendait faire glisser le sens de détresse
vers la promesse d'espoir.
The pearl disappear and common freedom
over Grimsby dropped from an airplane
Un peu comme le font les huîtres avec
leur rares perles, Claudine entendait recouvrir
d'hosties un boulet déposé
sur le rivage du grand lac Ontario. Mais
il va disparaître. Après son
propre moment de détresse, liberté
rimant ici avec fragilité --alors
que dans les tiges, elles formaient par
solidarité une solide structure--,
l'artiste va opérer un clivage important:
comme par substitution de ce boulet évanoui.
Elle s'insèrera une petite perle
dans le cuir chevelu, (mémoire de
l'intention) avec l'aide d'Isabelle, sa
jeune adulte. À Chicoutimi, elle réalisera
l'enrobage.
"It goes Farther
than the twelve-bar circle of life endowed
with hair-raising power, farther than the
magic of dreaming, farther than a lost love
can lead one. farther than the night".(15)
Par
avion, du haut des airs, elle va libérer
la dernière hostie non-manipulée,
l'offrant en celà à toute
la communauté. Elle embrasse alors
poétiquement l'espace habité
de tout Grimsby. Un poids de moins sur la
conscience, mais surtout jumelage de l'intellect,
du corps, de l'espace d'art (la galerie
aurait pu devenir son seul site) et du territoire
social. Avec Claudine Cotton, toujours la
sensibilité délicate à
l'oeuvre.
Des kilomètres sur la ligne du risque
Ce texte est imbibé de vie, de risques
intellectuels et d'amitiés. C'est
le propre du partage des terres culturelles.
De 1994 à 1996, les épisodes
de cet étonnant événement
d'art en témoignent.
La critique d'art comme genre de vie avait
écrit en 1978 Pierre Restany...
Guy
Sioui Durand, complice
27 septembre 1996
Notes
(1).
Extrait des communiqués accompagnant
les installations et oeuvres in situ. Grimsby
Public Art Gallery. August 1996.
(2).
Extrait des communiqués accompagnant
les installations et oeuvres in situ. Grimsby
Public Art Gallery. August 1996.
(3). Extraits de textes de Claire Gravel
pour le livre d'artistes Cuesta 0 de Guy Blackburn, Claudine Cotton, Ronald
Thibert, Yves Tremblay, Martin Dufrasne
et Steven Ferlatte. Chicoutimi, septembre
1996.
(4). Extraits de textes de Claire Gravel
pour le livre d'artistes Cuesta 0
de Guy Blackburn, Claudine Cotton, Ronald
Thibert, Yves Tremblay, Martin Dufrasne
et Steven Ferlatte. Chicoutimi, septembre
1996.
(5). Extrait des communiqués
accompagnant les installations et oeuvres
in situ.
Grimsby Public Art Gallery. August 1996.
(6). Elizabeth Chitty, Nature
of the Body, 50 petits livres verts
accompagnant l'installation et la performance.
Installation, Grimsby Public Art Gallery,
July 12-August 17. Performance, Beamer Memoral
Conservation Area, Niagara Peninsula Conservation
Authority, Grimsby, Ontario, August 3, 1996.
Terre Commune-Common Ground, Grimsby Public
Art Gallery- Séquence.
(7). Elizabeth Chitty, Nature
of the Body, 50 petits livres verts
accompagnant l'installation et la performance.
Installation, Grimsby Public Art Gallery,
July 12-August 17. Performance, Beamer Memoral
Conservation Area, Niagara Peninsula Conservation
Authority, Grimsby, Ontario, August 3, 1996.
Terre Commune-Common Ground, Grimsby Public
Art Gallery- Séquence.
(8). Elizabeth Chitty, Nature
of the Body, 50 petits livres verts
accompagnant l'installation et la performance.
Installation, Grimsby Public Art Gallery,
July 12-August 17. Performance, Beamer Memoral
Conservation Area, Niagara Peninsula Conservation
Authority, Grimsby, Ontario, August 3, 1996.
Terre Commune-Common Ground, Grimsby Public
Art Gallery- Séquence.
(9). Extrait des communiqués
accompagnant les installations et oeuvres
in situ.
Grimsby Public Art Gallery. August 1996.
(10). Extraits de textes de Claire Gravel
pour le livre d'artistes Cuesta 0 de Guy Blackburn, Claudine Cotton, Ronald
Thibert, Yves Tremblay, Martin Dufrasne
et Steven Ferlatte. Chicoutimi, septembre
1996.
(11). Extrait des communiqués
accompagnant les installations et oeuvres
in situ.
Grimsby Public Art Gallery. August 1996.
(12). Extraits de textes de Claire Gravel
pour le livre d'artistes Cuesta 0 de Guy Blackburn, Claudine Cotton, Ronald
Thibert, Yves Tremblay, Martin Dufrasne
et Steven Ferlatte. Chicoutimi, septembre
1996.
(13). Extrait des communiqués
accompagnant les installations et oeuvres
in situ.
Grimsby Public Art Gallery. August 1996.
(14). Extrait des communiqués
accompagnant les installations et oeuvres
in situ.
Grimsby Public Art Gallery. August 1996.
(15). Extraits de textes de Claire Gravel
pour le livre d'artistes Cuesta 0 de Guy Blackburn, Claudine Cotton, Ronald
Thibert, Yves Tremblay, Martin Dufrasne
et Steven Ferlatte. Chicoutimi, septembre
1996.